Le nouveau contrat de développement liant l’État et les îles Loyauté a été signé le 21 janvier dernier. Il concerne directement les 17 000 habitants des îles Loyauté. C’est le 5e contrat conclu pour une durée de cinq ans, dans le cadre de l’Accord de Nouméa.
« Les contrats de développement s’inscrivent dans une logique d’accompagnement des collectivités dans l’exercice de leurs responsabilités, assortie d’une volonté de rééquilibrage entre les collectivités », rappelle le préambule de l’accord signé le 21 janvier dernier entre l’État et la province des îles.
Quel est le budget alloué à ce nouveau contrat de développement ?
Les actions retenues pour ce contrat 2011-2015 bénéficieront d’un financement de 9,6 milliards de francs, dont 6,75 milliards de crédits État. Un budget à la hausse, comparé aux 8 milliards alloués lors du précédent contrat 2006-2010. Le nouveau contrat s’oriente autour de cinq axes principaux :
- le logement social,
- la santé et la salubrité publique,
- la jeunesse, la cohésion sociale et la solidarité,
- la continuité territoriale,
- le développement économique et le développement durable.
Quel est l’objectif du présent contrat de développement ?
« Le but est de donner le plus d’autonomie possible aux Îles. Par exemple, en matière de santé, il faut favoriser les accouchements et les soins sur place, plutôt que de faire venir les patients au CHT de Nouméa », explique Samuel Hnepeune, directeur de la SODIL. Le contrat poursuit en effet cet objectif de rééquilibrage géographique, économique et social. Il vise à combler une partie du retard de développement entre la province des Îles et le reste du territoire calédonien.
Quelles actions concrètes seront menées d’ici 5 ans ?
En matière de logement social par exemple, on estime que 4 ménages sur 5 vivant sur les îles Loyauté entrent dans les critères d’accès au logement aidé. Le contrat vise à poursuivre le programme d’habitat social, en construisant 250 logements en cinq ans pour aider à l’accession à la propriété. Le budget alloué s’élève à 1,6 milliard de francs, avec une participation de l’État à hauteur de 80 %.
Dans le domaine de la jeunesse, les actions prévues encouragent le maintien de la population dans les îles. Cela suppose l’amélioration du niveau de vie, l’accès à un logement décent, l’enseignement, la formation et les loisirs. De même, comme stipulé dans le nouveau contrat, les infrastructures de transport devront mieux répondre aux besoins du pays. Les pistes aéronautiques d’Ouvéa et de Maré seront étendues, les aérodromes provinciaux seront remis aux normes et de nouvelles infrastructures portuaires seront aménagées. Ces actions coûteront 1,8 milliard de francs, avec une participation de l’État à hauteur de 80 %.
Quels sont les projets en faveur des tribus ?
Un ambitieux programme de construction d’équipements sportifs de proximité sera réalisé au profit des habitants des tribus. Le but est de leur offrir de meilleures conditions d’entraînement. De même, le présent contrat prévoit de développer l’accès à Internet pour tous. Objectif : désenclaver les tribus.
Et dans le domaine de l’éducation ?
Des infrastructures d’enseignement seront rénovées, d’autres seront construites. Par ailleurs, il est prévu aussi de favoriser les bourses d’études supérieures. « Cet accord recouvre des problématiques très larges. Il est le fruit de négociations entre l’État et la province des Îles. Ils ont dû tenir compte du bilan des contrats précédents. De même, ce nouveau contrat fera l’objet d’un suivi, pour voir si les projets prévus sont bien réalisés », assure Samuel Hnepeune.
Les dix enjeux phares du nouveau contrat de développement aux îles Loyauté :
- Un accès au logement pour tous
- Des services et des infrastructures de transport répondant mieux aux besoins du pays
- Une couverture améliorée du territoire par les services
- Un système de santé pérennisé et une meilleure prévention
- Un projet éducatif au service du destin commun
- Une gestion durable des ressources naturelles renouvelables, adaptée à des milieux exceptionnels
- Une agriculture plus performante
- Une reconnaissance des différentes composantes de la société
- Des politiques de solidarité et d’égalité des chances poursuivies et confortées
- Des compétences mieux développées, pour construire le pays
Caroline Libbrecht
