Pourquoi copier la métropole ?
La Calédonie a cela de merveilleux qu’elle est un pays en construction. Avec ses forces et ses faiblesses. Aujourd’hui, son économie rime avec croissance et plein-emploi. Mais aussi bien portante et développée qu’elle puisse paraître, c’est aussi une économie sous perfusion, qui connaît des difficultés de répartition de la richesse, des problèmes de qualification, etc.
À quelque 20 000 kilomètres de là, la Métropole est, elle, au bord de la faillite. Les élections présidentielles passées, les premières réformes et la refonte d’un système devenu archaïque sont loin de satisfaire tout le monde. L’économiste Christian Saint-Étienne, lui-même, a d’ailleurs récemment démissionné du Conseil d’analyse économique - l’organisme chargé de conseiller le Premier ministre - inquiet des orientations de la politique économique du gouvernement français. Dans un entretien avec Figaro magazine le 15 juin 2012, il confie en effet : « Je démissionne, car la politique suivie va contre les intérêts du pays... Je crains qu’avant un an, dix-huit mois au plus tard, les conséquences de cette politique ne soient d’une violence dramatique pour notre système productif et social. »
Pourtant, c’est justement ce modèle que nos politiques se proposent de copier sur le plan local. Et si, plutôt que de calquer un mauvais exemple, la Calédonie décidait de se forger un modèle économique et social à elle, solide et pérenne. Si, au lieu de croire que le soleil brille toujours plus ailleurs, elle acceptait enfin de reconnaître ses atouts économiques et sociaux, nombreux, et de croire en son avenir…
À trop pécher par complexe d’infériorité, on se ferme à ses propres possibilités…
Or, la Calédonie a un devoir aujourd’hui : celui de construire son pays de demain.
Charlotte Antoine
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